Glenn Greenwald au Devoir

La démocratie canadienne pourrait devenir une illusion

24 octobre 2014 |Fabien Deglise | Actualités en société

Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir
Le journaliste américain Glenn Greenwald

Les « loups solitaires », ces tueurs isolés qui ont déversé leur haine, cette semaine, à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Ottawa, n'ont pas seulement fait trembler la démocratie canadienne. Ils ont également mis en lumière l'inefficacité de la surveillance massive des citoyens par les agences gouvernementales du Canada qui, en tenant désormais pour suspect potentiel tout le monde, sans distinction, finissent par ne plus pouvoir détecter convenablement les véritables éléments à risque, estime le journaliste américain Glenn Greenwald.

« Le Canada doit mettre fin à ses programmes de surveillance de masse de ses citoyens pour se concentrer sur les menaces réelles », a indiqué jeudi matin lors d'une entrevue accordée au Devoir l'homme par qui les révélations-chocs de l'ex-analyste de la National Security Agency (NSA), Edward Snowden, sont passées. Glenn Greenwald est à Montréal cette semaine à l'invitation de l'Université McGill où, jeudi soir, il a décrypté les dérives liberticides dans nos sociétés à l'ère de la peur et de la socialisation en format numérique dans le cadre de la Conférence annuelle Beaverbrook 2014. « La surveillance de masse, telle que menée actuellement par les États-Unis et ses alliés, dont le Canada fait partie, nuit désormais à la capacité des gouvernements à détecter clairement les citoyens à risque. Et nous venons, encore une fois et tristement, d'en avoir deux nouvelles preuves au Canada cette semaine. »

Fin observateur de l'avènement des États de surveillance, à l'ère du tout numérique, Glenn Greenwald pose un regard sévère sur le Canada et son gouvernement actuel qui, selon lui, méthodiquement, est en train d'attiser un climat de peur pour mieux y opposer des mesures et des politiques qui menacent à court terme les fondements de la démocratie canadienne. « L'idée d'une collecte massive d'information sur les citoyens, sans limites et sans tenir compte de la présomption d'innocence, n'est pas un concept uniquement américain, dit-il. C'est une idée qui vient surtout du projet Five Eyes [cette alliance internationale d'espions dont le Canada fait partie, avec les États-Unis, l'Australie, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande], dans lequel Ottawa est très actif. C'est aussi une chose fondamentalement illégitime. »

Documents secrets

Les documents secrets d'Edward Snowden qui exposent les grandes et petites lignes des programmes de surveillance PRISM ou XKeyscore, et que Greenwald a contribué à répandre dans l'espace public, entre mai et octobre 2013, alors qu'il bossait pour le quotidien britannique The Guardian, en font d'ailleurs à plusieurs endroits la démonstration, selon lui. Comment ? En indiquant que tous ces programmes de contrôle et de surveillance des communications et de la socialisation en format numérique ont été implantés dans les dernières années aux États-Unis, tout comme au Canada, loin des instances démocratiques qui, avant les révélations de Snowden, n'en avaient finalement pas conscience.

« Dans un de ces documents, un haut dirigeant de la NSA, responsable des relations avec les pays partenaires des États-Unis, explique d'ailleurs pourquoi le changement d'orientations politiques dans plusieurs pays, au terme d'élections générales depuis le milieu des années 2000, n'a finalement rien changé dans les liens entre la NSA et les agences de surveillance de ces mêmes pays. » Et la réponse est simple : le gouvernement du Canada peut être libéral ou conservateur, « le partenariat reste le même, parce que, en dehors des instances militaires et sécuritaire, personne d'autre au pays ne sait que ces liens existent », poursuit le journaliste.

« C'est la dimension qui me semble d'ailleurs la plus incroyable, dit Glenn Greenwald, qui soupçonne au passage les grandes entreprises de communication au Canada de nourrir ces programmes de surveillance, comme leurs homologues américaines. En matière de sécurité et de surveillance, les représentants du peuple, les instances démocratiques n'ont finalement aucune idée de ce qui se passe. Ces programmes ont été implantés sans possibilité de regard. Ils existent de manière isolée loin des responsabilités démocratiques. Et dans ce contexte, la démocratie finit par ne devenir qu'une illusion », conclut-il.

http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/422026/glenn-greenwald-au-devoir-la-democratie-canadienne-pourrait-devenir-une-illusion


Réactions

simon villeneuve - Inscrit
24 octobre 2014 00 h 30

Criant de verite

"Ils ont également mis en lumière l'inefficacité de la surveillance massive des citoyens par les agences gouvernementales du Canada qui, en tenant désormais pour suspect potentiel tout le monde, sans distinction, finissent par ne plus pouvoir détecter convenablement les véritables éléments à risque, estime le journaliste américain Glenn Greenwald."

« Le Canada doit mettre fin à ses programmes de surveillance de masse de ses citoyens pour se concentrer sur les menaces réelles »

"...méthodiquement, est en train d'attiser un climat de peur pour mieux y opposer des mesures et des politiques qui menacent à court terme les fondements de la démocratie canadienne."

"Et dans ce contexte, la démocratie finit par ne devenir qu'une illusion », conclut-il."

Quel beau resume M.Greenwald met en lumiere.


Marc G. Tremblay - Abonné
24 octobre 2014 09 h 12

Plutôt un autre pseudo-expert que l'on paye pour ses conférences...

Mon opinion, sur une piste de solution à suivre, serait la suivante. Les deux événements malheureux indiquent, dans le cas de ces deux jeunes meurtriers en folie, que ce sont les autorités qui ont voulu les retenir au Canada, et donc donné l'ordre à la police de littéralement leur arracher leur passeport, sans ensuite les encadrer dans ce que ces deux jeunes "allaient

vivre dans leur tête". Voilà un réel problème à réfléchir...


André Martin - Inscrit
24 octobre 2014 06 h 37

Ce monsieur vend de la peur.

S'il faut titrer cet article de cette façon, il faudrait aussi préciser que la démocratie canadienne, ou n'importe quelle autre dite du monde libre, en situation de crise ou non, est aussi constituée d'une bonne part d'illusion, sinon on aurait pas senti le besoin d'instituer ponctuellement des commissions Gomery au fédéral, ou Charbonneau chez nous, pour réinjecter de la crédibilité à cette belle et grande notion.

En fait le thème abordé me semblerait mieux posé en ces termes : notre paranoïa individuelle est-elle justifiée en regard du fait que je peux apparaître sur au moins une vingtaine de bandes visuelles durant une simple et courte promenade au centre-ville, un café à la main, que ce soit à Ottawa ou ailleurs?

On est envahi littéralement par la déferlante « selfie », et son corollaire le « themfie » des pouvoirs publics. Est-ce obligatoirement un viol de démocratie ou une atteinte à la vie privée? Cette vie privée qui l'est de moins en moins, volontairement ou involontairement, parce qu'elle est exposée comme jamais depuis qu'on a greffé des caméras à tout ce qui est poteau du centre-ville, ou téléphone mobile dit intelligent ou fonctionnant avec une batterie, est-elle dans les faits éthiquement compromise? Ne serait-ce pas plutôt de l'ordre de la solution plutôt que celui d'un problème?

Est-ce que le nouvel environnement devenu super médiatisé, sous l'impulsion irrépressible de l'essor technologique, ne poserait pas plutôt les bases d'un principe accru de sécurité collective pour une majorité de citoyens plutôt respectueuse des lois versus une minorité hors la loi dont les agissements anti-collectivité se retrouvent mieux détectés, donc possiblement mieux neutralisés, avant même leurs déploiements? ...


Jacques Cameron - Inscrit
24 octobre 2014 07 h 45

Vous vous vendez l'argument fasciste par excellence: Si tu n'as rien à te reprocher pourquoi craindre l'oeil omniprésent et inquisiteur de ''Big Brother''? C'est accordé un immense pouvoir à quelques-uns et mène à tous les abus, à toutes les manipulations, c'est le banquet des ogres dictatoriaux. La démocratie c'est plus que de l'électoralisme, ce sont des droits dont celui fondamental de la vie privée qui reconnaît la souveraineté de la personne humaine. Sinon nous ne sommes que des appendices temporaires et passagers du plama germinatif (Erlich) contrôlés par le pouvoir. Lire 1984 d'Orwell manque votre culture.


Raymond Lutz - Inscrit
24 octobre 2014 07 h 45

Ce monsieur vend des sophismes. Par où commencer? Il parle de cameras, la belle affaire. La surveillance que l'on doit dénoncer est-celle du Big Data (cumul de l'info sur TOUT nos déplacements, tout nos achats, lectures en ligne, lectures à la bibliothèque, réseaux d'amis, de connaissances, etc...).

La surveillance tout azimut (video ou non) ne permet pas la prévention du crime (aiguille dans une botte de foin). Tout comme la torture ne permet pas de recueillir d'infos valables. Alors parler d'une sécurité accrue par ces moyens est de la frime ou de l'ignorance.

Those who would give up essential Liberty, to purchase a little temporary Safety, deserve neither Liberty nor Safety. -BF


Jonathan Poirier - Inscrit
24 octobre 2014 08 h 35

La sécurité à tout va sous prétexte que VOUS êtes respectueux de la loi AUJOURD'HUI n'a aucun sens. Si un jour vous devez aller manifester dans la rue, vous serez fiché (en faites vous l'êtes déjà lorsque vous manifestez...) que votre cause soit noble ou pas. Déranger l'ordre établie n'a jamais plu, que ce soit pour les manifestations étudiantes ou syndicales notamment. Pour ma part, pas question qu'on américanise nos lois. Les américains commettent déjà de nombreux abus de leurs pouvoirs à chaque semaine, que ce soit dans la police, l'armée ou les renseignements secrets.


Jean-Christophe Leblond - Inscri
t 24 octobre 2014 08 h 48

C'est drôle, mais j'ai plutôt compris qu'il nous mettait en garde contre les vendeurs de peur.


André Martin - Inscrit
24 octobre 2014 10 h 23

Monsieur Cameron, j'ai lu « 1984 ». Comme vous le savez sans doute, puisque vous l'avez lu, c'est un roman.

Monsieur Poirier, vous voulez vivre à Disneyland. Lorsque je vais manifester, je le fais à visage découvert. Cependant, l'employé policier, chargé de la sécurité, doit lui aussi porter très visiblement son matricule (ce qui n'est pas le cas actuellement), pour qu'on puisse s'expliquer devant les tribunaux s'il y a malversation (c'est aussi l'avantage d'avoir des caméras partout maintenant : c'est un ticket modérateur pour les deux bords).

Monsieur Lutz, Guy Richer, éminent prof de sociologie québécois, commençait toujours ses cours en affirmant : « La liberté n'existe pas ». J'ai déjà eu l'occasion de discuter de mon dossier médical avec un fonctionnaire de ministère qui m'assurait que ce dernier était « parfaitement » confidentiel : je me suis mis à rire. Le « Big Data » est là pour rester. Revenez sur terre.

Monsieur Ricard, dans ses pages et avec raison, parle aussi de l'illusion de la démocratie actuelle : trop de pouvoirs centrés autour d'un même individu, belliciste de surcroit. Il faut se rappeler que la démocratie l'a mise là; tout ce qu'elle peut (et doit) faire c'est de la ramener à l'ordre, l'obliger à redistribuer l'exercice de ce pouvoir, ou de l'enlever de là. La démocratie, comme les lois, ne sont pas parfaites et ne le seront jamais, mais c'est ce qu'on a trouvé de mieux.


simon villeneuve - InscritA
24 octobre 2014 10 h 58

Le risque 0 n'existe pas malgre ce que peuvent affirmer quelques charlatans assoiffer de pouvoir par le colntrole des masses de la population.

Pour avoir la liberte, le prix a ete enorme et la vie est rempli de risques. Faut simplememt vivre avec et non la sacrifier sous pretexte d'atteindre la cible du risque 0 qui n'existe tout simplement pas ...

Depuis 20 ans, les citoyens perdent de plus en plus de la liberte au nom de la securite :
- camera de securite dans des endroits publics
- casque pour le velo, moto
- cigarette interdit
- loi p-6 pour les manifestations
- etc.

Bien sur il y en a qui croit que certaines d'entre elles sont valables, mais le point est que le gouverenement vous soutirent des liberte car ils vous croient incapables d'agir responsablement, utilisant le risque 0 en vous faisant croire de mieux vous protegez.

A mon avis, le plus grand danger d'une democratie est l'utilisation de la securite pour soutirer des libertes et droits au citoyens.


André Martin - Inscrit
24 octobre 2014 06 h 38

... Est-ce que toute cette quincaillerie de pistage visuelle, et surveillance des nids de dissidence, n'a pas contribué à contenir le problème à la neutralisation d'un seul « loose cannon » plutôt que d'avoir à faire face à celle d'une horde d'individus animés des mêmes états d'âme?


Céline A. Massicotte - Inscrite
24 octobre 2014 06 h 48

Très intéressant cet article!

D'ailleurs... en dehors même de ce dont il est question ici, Harper n'est-il pas considéré, et à plusieurs égards, entre autres les changements sur... j'en perd mon latin!- les sondages du gouvernement canadien auprès des citoyens, et ce pour en savoir le moins possible, considéré comme... antidémocratique? et ça veut être réélu... Et plusieurs l'appuient au nom de... notre sécurité! Tiens don'.


Christian Montmarquette - Abonné
24 octobre 2014 06 h 49

Faire trembler... Les médias ou la démocratie?

«Les « loups solitaires », ces tueurs isolés qui ont déversé leur haine, cette semaine, à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Ottawa, n'ont pas seulement fait trembler la démocratie canadienne. Ils ont également mis en lumière l'inefficacité de la surveillance massive des citoyens...» nous dit l'article.

Si je suis bien d'accord pour dire que le Canada doit mettre fin à ses programmes de surveillance de masse pour se concentrer sur d'éventuelles menaces réelles, s'il en est. En contrepartie, laisser croire que ces événements ont fait «trembler la démocratie» m'apparaît une fois de plus tout à fait exagéré.

En effet, mais en quoi donc, la démocratie canadienne aurait-elle été menacée d'une quelconque façon par ces deux gestes isolés? En rien. Dramatiser la situation de la sorte, apparaît davantage comme une manipulation des esprits à des fins médiatiques et politiques qu'au service d'une véritable information.

Tenir ce genres de propos alarmistes à la Georges Bush pour deux quidams qui ont pris le mord aux dents et qui relèvent bien davantage du fait divers que de l'insurrection appréhendée, ne servira malheureusement qu'à justifier une fois de plus l'instauration mesures de sécurité abusives et liberticides, et de nouvelles attaques gouvernementales contre notre démocratie; si ce n'est la participation canadienne elle-même à des guerres d'agressions. Et c'est en ce sens que les propos du journaliste américain Glenn Greenwald semblent contradictoires par rapport à l'objectif souhaité.

Christian Montmarquette


André Leblanc - Inscrit
24 octobre 2014 07 h 05

C'est le prix que nous payons tous pour notre soutien a Israel.


Nicole Bernier - Inscrite
24 octobre 2014 07 h 53

La peur pour restreindre les droits du peuple et soutenir l'enrichissement de certains individus par la guerre

On le sait qu'Harper a tout mis en branle pour restreindre le droit à la diversité des opinions canadiennes, toute la gauche a été exclue du système d'attribution des ressources (ou redistribution des impôts) pour remettre en place le contrôle des institutions entre les mains de la droite guerrière... La peur de E.I. est un pas de plus vers le sectarisme d'une classe de dirigeant, un pas de plus contre la démocratie comme le rapporte si bien cet article

"Glenn Greenwald pose un regard sévère sur le Canada et son gouvernement actuel qui, selon lui, méthodiquement, est en train d'attiser un climat de peur pour mieux y opposer des mesures et des politiques qui menacent à court terme les fondements de la démocratie canadienne."

Le discours de propagande de guerre va attirer sur nous les foudres de ces individus et tout cela pour les grandes pétrolières :
Actuellement, la lutte contre E.I. utilise les kurdes comme chair à canon, alors que nous, au Canada, on bombarde tout ce qui bouge au sol de nos gros avions. tout cela pour contrôler le pétrole de la région. Les Turques savent bien que la question kurdes est actuellement au cour de leur hésitation, car ils vont revendiquer, comme territoire, presque l'équivalent de ce que le E.I réclame actuellement suite à leur isolement par les Américains suite à la guerre de 2003 mais pour un autre groupe ethnique. Depuis 2003, les Américains ont soutenu les chiites et pourchasser les sunnites jusqu'à ce qu'ils atteignent un point de non-retour pour la paix, maintenant, ils soutiennent les kurdes, lesquels avaient été exclus des débats et des enjeux, contre les Arabes, avec de belles promesses de pouvoir politique. une bénédiction pour les nationalistes kurdes qui tentent de protéger leur civilisation malgré le fait que l'on avait divisé leur territoire entre la Turquie, l'Iraq et la Syrie suite à la 2e Guerre Mondiale


François Dugal - Abonné
24 octobre 2014 08 h 17

La grande illusion

La démocratie canadienne à toujours été une illusion, monsieur Greenwald.


André Michaud - Inscrit
24 octobre 2014 11 h 39

Et quel est le pays selon vous qui est plus démocratique que le Canada ?


Denis Chénier - Inscrit
24 octobre 2014 08 h 28

L'Utilitarisme

On se bât tout les jours pour maintanir une injuste répartition de la richesse. C'est un comportement sauvage et est miroir des réactions du lésé.

Denis Chénier


François Ricard - Inscrit
24 octobre 2014 08 h 29

La démocratie canadinne est une illusion

Périodiquement, à tout le moins au quatre ans, nous élisons un premier ministre pour une durée limitée. Une fois élu, ce premier ministre est le seul maître à bord..
Par la ligne de parti, il a la main haute sur le corps législatif dont les élus ne sont que des béni-oui-oui qui doivent endosser toutes ses décisions.
Il contrôle aussi l'exécutif en nommant et dégommant les ministres selon sa bonne volonté.
Il intervient dans la nomination des juges. Un vrai monarque.
Et nous croyons vivre en démocratie. Une démocratie de pacotille où même l'élection du premier ministre est toujours le fruit d'une minorité.

Comment le peuple dit souverain peut-il espérer se protéger alors qu'en fait il ne contrôle rien?


Claude Saint-Jarre - Inscrit
24 octobre 2014 08 h 55

Bonjour monsieur Ricard. Je vous appuie. Que penserait le peuple souverain du système de surveillance ici dénoncé, même si la démocratie dont il est aussi question ici n'existe vraiment pas? :)


Maxime Gagnon - Inscrit
24 octobre 2014 10 h 49

M. Ricard,

Soyons honnêtes, la démocratie est déjà une illusion! Le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple? Non, c'est une imposture et c'est une escroquerie.... et avec des imposteurs et des escrocs qui vont avec!
« La démocratie n'est pas dans l'origine populaire du pouvoir, elle est dans son contrôle. La démocratie, c'est l'exercice du contrôle des gouvernés sur les gouvernants. Non pas une fois tous les cinq ans, ni tous les ans, mais tous les jours. » (Alain).

Autant en matière de démcoratie que de constitution, il faudrait une éducation politique popularisée et généralisée pour sortir de l'état d'amnésie et d'hypnose dans lequel nous sommes. Les actualités, entre autres, sont des distractions massives, des téléréalités sensationalistes à ébulliton émotive et qui alimentent la Grande Diversion...

La base de notre impuissance politique démocratique, c'est que nous n'avons pas de constitution... écrite par le peuple et non par les parelementaires et les technocrates

La constitution. Comment s'assurer de la protection du peuple face à l'état de droit, face aux «meilleurs» de ce monde!

http://youtu.be/FD-H3cjcna0


André Michaud - Inscrit
24 octobre 2014 11 h 43

Vous voulez un leader sans pouvoir ? Un méga fonctionnaire?

Nommez moi le pays que vous considérez comme plus démocratique ?


Claude Saint-Jarre - Inscrit
24 octobre 2014 12 h 30

Monsieur Gagnon, merci pour cette suite à monsieur Ricard. Monsieur Michaud: c'est plus complexe que cela. Pas de méga fonctionnaire, mais une série de contrôles décidés collectivement tels: tirage au sort, révocabilité, reddition des comptes, référendums d'initiative populaire, docimase, isegora ( droit de parole pour tous tout le temps), etc. C'est l'influence de la démocratie de la Grèce antique, qui était bien imparfaite, nous le savons. Pour le pays démocratique dont vous voulez le nom, il n'y en a pas en ce moment. Le plus près est la Suisse, dit-on. Étienne Chouard est le représentant le plus visible de cette pensée. Ici, c'est Roméo Bouchard avec son livre Constituer le Québec. Bonne journée:) Il faut s'entraîner à écrire ensemble une constitution simple et lisible.


Claude Kamps - Inscrit
24 octobre 2014 08 h 50

Vivre avec le risque

Dans le monde moderne, on ne veut plus avoir peur, ni prendre des risque et surtout aller à l'encontre des lois naturelles, tout cela avec l'illusion que tout le monde a les mêmes droits, le même destin, que les lois sont faite pour protéger le faible.... Ces deux rebelles connus devenu fou de Dieu sont la pointe de l'iceberg de nos désillusions et du besoin de se rebeller contre ce qui existe pour croire en des chimères qu'on nous propose dans des belles paroles et des textes qui ne sont que des rêves éveillés, comme trop de religions.
Avec internet, il est permis en plus de joindre des prises de vue qui ne montre que les rares beaux cotés de ces combattants pour la libertés, notamment la victoire contre l'autorité en place, chose impossible dans notre monde réelle pour trop de gens.
Depuis notre conception la vie est un risque et chaque minute est à savourer si nous savons relativiser notre destin et accumuler les petites victoires de chaque jours. Hier encore on nous démontrait que plus de 50% de nos prisonniers sont des malades mentaux à surveiller certainement, mais surtout à soigner convenablement, mais notre système ne veut pas tenir compte que chacun de nous est une maladie mentale en puissance...93 personnes sont suivies par la GRC, combien de ceux là ont l'obligation de suivre un traitement ? A-t-on le personnel et les spécialistes pour les soigner? La prévention des crimes violents passe par la bonne santé mentale, pas par la mise en prison ou les lois qui sont renforcées après chaque drame qu'on ne veut pas vraiment comprendre, mais enfermer....


Claude Gélinas - Abonné
24 octobre 2014 09 h 00

Des failles dans la sécurité !

Comment expliquer que le siège du Parlement soit devenu une passoire accessible à la première personne dérangée ? Comment expliquer également que le PM ait été obligé de se cacher dans une garde-robe de rangement au lieu de prévoir un lieu sécuritaire à proximité ? Comment expliquer que des mécanismes permanents de coordination ne soient pas mis en vigueur entre les corps de police intervenants sur la colline parlementaire ?

Par contre, les récents évènements ne doivent pas encourager les Gouvernements à donner davantage de pouvoirs, parfois excessifs, au corps de police. Et ce, sans égard aux droits des citoyens. L'équilibre s'impose ! Mais attention prudence : les lois qui affecte les libertés et les droits des citoyens à la vie privée ne doivent pas être adoptées avec précipitatioune en se fondant sur la psychose collective. Autrement, dans la foulée ds événements, les décideurs politiques et les forces de police pourraient en profitent pour se livrer à une intrusion excessive dans la vie privée des citoyens.


Hélène Paulette - Abonnée
24 octobre 2014 09 h 29

@Gélinas Je trouve le garde-robe de rangement tout-à-fait approprié, au contraire.


Jean-Christophe Leblond - Inscrit
24 octobre 2014 10 h 25

«Par contre, les récents évènements ne doivent pas encourager les Gouvernements à donner davantage de pouvoirs, parfois excessifs, au corps de police.»

C'est malheureusement ce que M. Harper nous a déjà promis pas plus tard qu'hier.


André Michaud - Inscrit
24 octobre 2014 09 h 38

il n'y a plus de vie privée

Avec tout le monde qui se promène avec un téléphone qui prend des images il n'y a plus vraiment de vie privée. Partout, il y a un oeil électronique qui nous surveille. On peut à tout moment voir notre photo sur une page Facebook sans avoir donné notre accord...fini la vie privée! Certains mettent même des photos très sexuelles de leur ancienne flamme...

Au moins les policiers nous surveilleront pour notre sécurité contrairement à mes concitoyens trop curieux...

J'ai participé à bien des manifs dans ma vie et la plupart du temps il y avait des policiers pour prendre des photos, mais jamais je ne fus importuné par les policiers car ce que je faisais était totalement légal et sans aucun vandalisme.


Marc O. Rainville - Inscrit
24 octobre 2014 09 h 45

Loups solitaires

Ces tueurs potentiels ne sont des individus isolés que parce que les services de sécurité les ''cultivent'' dans ce but. On les harcèle à leur travail, on leur téléphone la nuit, on les suit ouvertement sur la rue, on leur retire leur passeport... Bref, on fait tout pour renforcer les tendances négatives qui font qu'ils ont attiré l'attention en première place. L'idée, c'est de créer un missile humain qui participera à une opération montée de toutes pièces pour modeler l'opinion publique, une opération de type False Flag. Les forces de sécurité commettent des actes de terrorisme par ''idiots utiles'' interposés depuis la nuit des temps.


Jean-Marc Simard - Inscrit
24 octobre 2014 10 h 03

La tentation totalitaire ?

Est-ce que nos Gouvernants «démocratiquement» élus seraient assez machiavéliques pour profiter d'une situation cahotique quelconque, fomentée par le terrorisme islamique ou autre, pour ériger un régime à forte teneur dictatoriale ? Certes Harper a déjà démontré qu'il aimerait être plus autoritaire pour mieux faire passer ses idées et ses politiques...Il semble mu par la tentation d'imposer son idéologie pro-Israël et pro-militariste, et semble nous forcer, sans débats légitimes, à faire accepter ses idées politiques teintées d'évangélisme... Si on le laissait faire, peut-être qu'il laisserait libre cours à sa tendance à rendre sa gouvernance totalitaire...Des mesures législatives ont déjà été prises et implantées en catimini, sans que le Parlement canadien ait quelques mots à dire... Stephen Harper paraît être le candidat idéal à la volonté dictatoriale...Le fait de chercher à tasser le monde journalistique, et à vouloir réduire la force du quatrième pouvoir ne plaide pas en sa faveur...Oserait-il nous manipuler davantage les événements récents pour accroître la main-mise autoritaire de sa gouvernance ? Peut-être...Chose sûre Harper a changé le Canada...Son Canada n'est pas nécessairement le Canada de tous les canadiens dont la constitution s'asseoit sur la promotion de valeurs humanistes et de justices sociales...Son Canada n'est pas mon Canada...Nous devons tous faire en sorte que des individus de la trempe d'Harper ne viennent sombres le Canada dans la démence...Son dossier est à suivre... Quant à nous, nous devons demeurer vigilents...iIl y a anguille sous roches


Maxime Gagnon - Inscrit
24 octobre 2014 10 h 11

La démocratie est déjà une illusion!

Soyons honnêtes, la démocratie est déjà une illusion. Le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple? Non, c'est une imposture et c'est une escroquerie.... et avec des imposteurs et des escrocs!

« La démocratie n'est pas dans l'origine populaire du pouvoir, elle est dans son contrôle. La démocratie, c'est l'exercice du contrôle des gouvernés sur les gouvernants. Non pas une fois tous les cinq ans, ni tous les ans, mais tous les jours. » (Alain).

Pour sortir de l'escroquerie et de l'imposture démocratique , système programmé et entretenu et présenté comme étant inéluctable, inévitable et incontournable(!) (un mantra hypnotique!), il faut comprendre ce qui arrive et pas seulement parler de ce qui se passe, des effets, des conséquences! À ce sujet, voir cette vidéo, La fausse démocratie en 10 minutes, Étienne Chouard,

http://www.youtube.com/watch?v=ZWSXU0mCxT0&fea

Et la démocratie n'est pas magie. Reprendre notre pouvoir démocratique ne fera pas du genre humain un ange, mais nous redonnera notre pouvoir citoyen et surtout d'en être les gardiens, d'en avoir la responsabilité ainsi que de nos choix de société. Et au lieu d'être en état d'impuissance politique permanente et de brailler ou de rager contre les parlementaires, eux qui servent volontairement de boucs émissaires de la pathologie démocratique! Pensez-y un peu, pendant qu'ils servent de «punching bag», ils alimentent la distraction massive pour créer et maintenir la diversion afin d'éviter que nos énergies se canalisent à la source de notre impuissance politique. Donc, au lieu de se battre seulement contre les effets et conséquences, il faut s'informer, comprendre, réfléchir sur ce qu,est la démocratie et agir afin de canaliser nos énergies en un point précis et pour amorcer les étapes primordiales de la rédaction de notre constitution...

Constitution? comment s'assurer de la protection du peuple face à l'état de droit, face aux «meilleurs» de ce monde!

http://youtu.be/FD-H3cjcna0


Daniel Laberge - Inscrit
24 octobre 2014 10 h 49

Bon réveil!

Loups solitaires? On se réveille ou quoi? Tous ces dérangés qui arrosaient des eleves dans les ecoles ou leurs collegues dans des casernes américaines ou encore leurs collegues de travail dans leur supermarché, ou encore des automobilistes au hasard sur des autoroutes ces dernieres années, c'étaient quoi? On les avait fichés comme quoi?


Serge Lemay - Inscrit
24 octobre 2014 11 h 28

trop d'information tue l'information

À force de cueillir de l'info sur tout et sur tous on en vient à obtenir un truc indigeste et incohérent. Les coupures en santé mentale font autant sinon plus de tort à notre société que la menace terroriste qui canalise certaines angoisses de personnes vulnérables !


Pierre Tremblay - Inscrit
24 octobre 2014 11 h 33

Les questions à se poser

Une des questions à se poser est de savoir pourquoi le gouvernement met en place un tel système de surveillance? Qu'a-t-il tant à protéger pour sentir le besoin de surveiller tout ses concitoyens?

Veut-il protéger la démocratie? Une véritable démocratie n'a généralement pas à craindre que ses éléments s'insurgent parce que ces éléments sont partis prenantes de la direction que prend le gouvernement.

Un gouvernement va sentir le besoin de surveiller sa population de la sorte parce que, justement, il prend une direction qui va à l'encontre de l'intérêt général.

Il reste donc à trouver quelle est cette direction que prend le gouvernement.


Bernard Plante - Abonné
24 octobre 2014 13 h 33

Intéressant angle d'analyse M. Tremblay.


Michaël Lessard - Abonné
24 octobre 2014 12 h 34

Les gens aux États-Unis ont vécu une dizaine d'années de folie sécuritaire et plusieurs ont compris...

Après environ 10 années de folie sécuritaire et de ralliement derrière le drapeau vers des guerres offensives, bien des gens aux États-Unis ont compris qu'il ne faut pas devenir comme l'ennemi.

Si on sacrifie nos valeurs démocratiques, si on sombre dans un profilage politique douteux ou raciste, et dans des guerres mal contrôlées où nous tuons à l'aveugle (blocus/invasion/occupation de l'Irak tuant des centaines de milliers d'innocents; drônes tuant des milliers d'innocents, etc.), nous avons perdus.

La violence politique existe et existera toujours mais, au-delà de ces très rares cas au Québec et au Canada, il me semble que notre objectif est d'améliorer notre soi-disante démocratie. Pendant ce temps, manifestement, certain-es politicien-nes et agent-es veulent nous faire reculer.